Quelle est la place des femmes dans les technologies de l’information (IT)? Petit tour d’horizon sur un sujet brûlant d’actualité et focus sur ces femmes qui ont révolutionné l’informatique moderne.

L’informatique, un monde d’hommes? On n’échappe pas au stéréotype véhiculé par la culture pop sur la figure du programmateur: jeune homme à lunettes avec l’inénarrable pull à capuche, un peu geek sur les bords. Si l’univers de l’informatique est aujourd’hui un milieu majoritairement masculin, les femmes ont pourtant joué un rôle prépondérant dans l’histoire du logiciel moderne. Dans les années 1950-1960, le secteur informatique n’intéressait presque personne, les femmes représentaient entre 30% et 50 % des effectifs. Cela s’explique en partie parce que la partie logicielle de l’informatique était rattachée à l’administratif, à la machine à écrire, et donc, à la femme. En 1986, 37% des étudiants en sciences de l’informatique étaient de sexe féminin.

«L’informatique est le seul domaine où, après avoir été proportionnellement bien représentée, la part des femmes est en nette régression, alors que, dans toutes les filières scientifiques et techniques, elle augmente de 5 % en 1972 à 26 % en 2010 » déclarait la chercheuse Isabelle Collet, dans les page du journal «Le Monde», en janvier 2018.

 

Des informaticiennes pionnières

Les noms Ada Lovelace, Hedy Lamarr ou encore Grace Hopper vous évoquent quelque chose? Elles ne sont «que» les programmeuses les plus brillantes de l’Histoire, qui ont su façonner le visage de l’informatique tel que nous le connaissons aujourd’hui. Fille du poète romantique Lord Byron, Ada Lovelace a préféré devenir mathématicienne plutôt que d’écrire des sonnets à l’image de son illustre père. Pionnière dans le domaine des sciences informatiques, c’est elle qui a initié les notions essentielles à la base de la programmation. Hedy Lamarr a, quant à elle, abandonné une carrière à Hollywood dans les années 30 pour travailler dans l’aérodynamisme à la Nasa et inventer le saut de fréquences avec Georges Antheil, qui permettra le développement de la technologie WiFi. Mathématicienne et réserviste à la Navy, Grace Hopper a imaginé la notion de compilateur et en a fait le premier prototype en 1952.

 

Le tournant des années 1980

C’est dans les années 1980 que tout a basculé: l’informatique est devenue majoritairement masculine lors de la commercialisation de l’ordinateur personnel. Au moment où le potentiel et la puissance de l’informatique ont été découverts, les hommes se sont emparés de la discipline et les femmes ont été éloignées du domaine.

Aujourd’hui, alors que le domaine numérique connaît une expansion sans précédent, la faible représentation féminine pose un problème économique et sociétal. «Moins de spécialistes égal moins de compétitivité, affirme Fabrice Giangreco, directeur général adjoint chez AiM services. «S’il y a bien un secteur clé dans lequel les femmes doivent prendre toute leur place, c’est bien celui de l’informatique, continue le spécialiste. Chez AiM, 1/3 des effectifs sont des femmes, occupant des postes dans la technique, le management et également dans le secteur commercial et RH.»

Aujourd’hui, la recherche progresse et s’intéresse de plus en plus à la place des femmes dans ce domaine. Des initiatives sont mises en place pour promouvoir ces métiers à l’instar du Girls in Tech Switzerland, Women in Digital, We Shape, le Coding Club des filles de l’EPFL ou encore de la Journée de la femme digitale qui aura lieu le 17 avril à la Maison de la Radio de Paris avec pour thème «Elles changent le Monde».

 

Note: Nous aurions pu citer Joan Clarke, Margaret Hamilton, Jean Bartik et les HENIAC girls et bien plus encore!  Si vous souhaitez approfondir le sujet,, on vous conseille l’ouvrage «L’Informatique a-t-elle un sexe?» (316 p, L’Harmattan) d’Isabelle Collet, maîtresse d’enseignement et de recherche sur les questions de Genre et éducation à l’Université de Genève.

 

Sources

ICT Journal, dossier «Les femmes dans l’informatique»

Le Monde Informatique, «Journée de la femme digitale: valoriser les modèles féminins dans l’IT»

Le Monde, «Comment les femmes ont déserté le secteur informatique»