Pour faire avancer un projet et souder une équipe, rien de tel que l’écoute et l’empathie. Cette démarche, qui paraît relever du simple bon sens, résume la philosophie du scrum.

 

Arrivée en novembre 2019 chez AiM, Meriem Habbouba est Chef de projet et Scrum master. Ce dernier terme, qui désigne la mêlée dans le monde du rugby, renvoie aussi à une méthode permettant de réaliser un projet de manière participative. Comme sur le terrain, tout le monde met la main à la pâte, du manager au stagiaire en passant par le client. La formule exige, Meriem Habbouba le rappelle, une bonne dose d’empathie et un excellent sens de l’écoute.

Cette femme de 42 ans n’est pas tombée dans le scrum par hasard. Pendant ses études — une formation bac+2 en informatique suivie entre Orléans et Tours — elle s’est frottée au social, et le domaine lui a plu. Son diplôme en poche, elle se tourne vers l’IT, «où l’on obtient rapidement un résultat gratifiant», souligne-t-elle.

Très vite, elle décroche un stage dans une petite société qui travaille pour L’Oréal et monte à Paris. Le CDD se transforme en CDI et, durant huit ans, Meriem Habbouba œuvre en tant que développeur analyste pour différentes sociétés.

Le monde du social la rattrape en 2008, lorsqu’elle entre au ministère de la Justice, toujours au même type de poste. C’est également là qu’elle se forme à l’agilité en entreprise — une méthode qui permet d’adapter l’organisation d’un projet pour le faire évoluer en fonction des besoins. « Dans le monde de la justice, l’agilité permet à chacune et chacun de disposer du même niveau de service», explique-t-elle.

 

Le scrum pour aplanir les inégalités

C’est aussi au ministère qu’elle s’initie au scrum et à l’agile à l’échelle, dans un premier temps sous la houlette de coachs. En 2020, elle achève une formation Safe alors qu’elle est déjà chez AiM. Le but: optimiser la gestion du temps, des moyens et des ressources humaines de façon à ce que tout le monde, des employés au client, soit satisfait des prestations et du produit. «Le scrum s’organise en cycles, appelés “sprint” ou “itération”. A la fin de chaque “sprint” ou “release”, on se réunit avec le client pour livrer une partie du produit et faire le point sur ce qui a fonctionné ou non et comprendre ce qui n’a pas marché et l’améliorer.» Avantages: l’amélioration est continue et tout le monde se tient au courant de l’avancée du produit. Une méthode répliquée à l’interne, où l’équipe se donne 15 minutes tous les matins pour faire le point.

Ce fonctionnement a permis à l’équipe d’AiM de travailler et d’accompagner ses clients durant la crise de la Covid-19:  «Nous venions à peine d’entamer un gros projet pour l’ECAP-Etablissement Cantonal d’Assurance et de Prévention Neuchâtel. Comme nous sommes à Genève, nous limitions le nombre de réunions en présentiel», se rappelle-t-elle. Avec le confinement, l’équipe a facilement basculé en télétravail, profitant même de l’occasion pour resserrer les liens avec son client en organisant régulièrement des réunions en ligne. Un plus pour souder l’équipe!

 

Pas de scrum sans empathie

Mais rien de cela n’aurait été possible sans un bon scrum master. Ses principales qualités? «Il faut être doté d’un grand sens de l’écoute, être capable d’empathie et de se remettre en question.»  Meriem Habbouba, qui alterne les casquettes en fonction des mandats, sait de quoi elle parle. «Un scrum master est un facilitateur, pas un chef de projet. Il n’a ni sa vision d’ensemble ni son pouvoir décisionnel.»

Lorsqu’elle ne travaille pas, cette passionnée de contacts humains voyage. Elle rêve de reprendre son sac à dos pour explorer Darjeeling, en Inde. Elle le remplirait d’épices — rien de tel que la cuisine, son autre passion, pour entrer en contact avec les autochtones! — et d’images, car elle s’adonne volontiers à la peinture.